Expérience sensorielle de bien-être au Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse

Expérience sensorielle de bien-être au Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse

    Jeudi 25 janvier, le Muséum organisait une rencontre et une expérience sensorielle au cours de ces « Jeudis du Muséum », menée par Jordy Stefan, Docteur en psychologie environnementale et Boris Jollivet, Bioacousticien (France 3, France Inter), cinéma des oreilles. Je n’ai pas pu y assister, mais l’intrépide petit reporter Pepito Courgette y était et a tout enregistré. Grâce à lui, j’ai eu envie de partager avec vous cet événement organisé par le Muséum. A l’arrivée, distribution de masques occultants pour s’isoler et écouter…

     Santé mentale et environnement sont intimement liés. Et la psychologie environnementale a effectivement mis en avant cette influence de la nature sur le corps. « Pour exemple, 10000 ans de co-évolution nous au­raient « connectés » aux chants d’oiseaux pour apaiser notre corps et nos émotions. » On peut donc imaginer l’influence de l’environnement urbain, complètement déconnecté de la nature aussi bien sur le plan visuel, olfactif, sonore que tactile. Lumière artificielle, béton, chimie, gaz, etc ne sont pas vraiment des éléments porteurs de santé et d’équilibre. C’est pour cela qu’au Japon, des « bains de forêt » (Shinrin-Yoku) sont préconisés pour retrouver cette harmonie que nous avons perdue avec la nature. Il ne s’agit pas de simples randonnées, cueillette ou activités dans la forêt mais d’un état contemplatif propice à la méditation, au ralentissement de l’activité physique et psychique. Dans la médecine chinoise, ces bains de forêt ont une vertu de prévention pour retrouver l’équilibre entre les éléments avant que la maladie s’installe. On parle de sylvothérapie dans les pays nordiques. En France, nous ne sommes pas très proches de la nature, comparé à ce qui se pratique ailleurs!

     Jordy Stefan a mis en évidence le lien existant entre le libre-arbitre et l’environnement. Dans un restaurant, une expérience a été faite: le changement de décoration a entraîné le changement de choix de plats de la part des clients. Le cerveau décode les informations de l’environnement qui a alors une incidence énorme sur le choix!

     Boris Jollivet a ensuite invité le public a se laisser entraîner, transporter en se concentrant sur des sons, ce que le bioacousticien appelle géophonie, sans expliquer à quoi correspondaient ces sons. Le cerveau va alors à la recherche du sens pour tenter d’associer ces sons à des choses connues. Les sons naturels et non trafiqués étaient alors surprenants une fois que leur origine avait été révélée (son des mouvements des glaciers, bruit des capricornes dans le bois en particulier). Difficile de dissocier les bruits d’animaux de ceux des éléments. Mais le but n’est pas de deviner mais de simplement écouter pour se retrouver dans un état méditatif, ou d’imaginer ce que l’on veut. Le retour des participants a permis aussi de mettre en évidence l’impact des sons sur le corps (les basses touchent le ventre, les aigus touchent le crâne…), mais aussi de parler des incohérences écoutées, de l’association des sons, de la bio synchronologie, c’est à dire du lien entre sons et expériences vécues. De plus, le cerveau est fainéant et veut traiter au minimum les informations et se met en pilote automatique mais un élément incohérent l’activera pour qu’il se mette à retrouver du sens.

Selon Jordy Stefan, la vue de la nature (par la fenêtre, et même sur son écran d’ordinateur) aura toujours un impact positif. Il nous donne quelques chiffres d’après des études:

  • Balade en forêt de 2h vs. balade en ville :

Hausse de 10% des NK (natural killer, Globules blancs responsables de l’immunité)  dès le premier jour et durant les 7 jours suivants . Après 30 jours, le niveau des NK supérieur au niveau de départ.

  • Marche en forêt vs. en ville durant 15 minutes

• Pression systolique plus basse en forêt • Rythme cardiaque plus bas (Moins 5 pulsions/min) • Confort psychologique plus important +4,8 • Plus apaisés +3,5 • Plus reposés +15,2 • Moins anxieux -19,4

  • Fenêtre de la chambre d’hôpital donnant sur verdure vs. bâtiment

• Temps d’hospitalisation plus bas (-0,74 jour) • Moins de soucis rapportés par les infirmières (-2,83) • Prise d’analgésiques plus basse (entre 2 et 5 jours)

  • Meilleur état de santé pour les 14-16 ans

o Présence ou non d’une grande quantité de plantes dans une salle de classe o

On observe une baisse de : • Fatigue 9% • Sensation de tête lourde 15% • Migraine 37% • Problème de concentration 16% • Irritation des yeux 30% • Sensation d’étouffement 36% • Sensation de bouche sèche 17% • Toux 4% • Rougeur (visage) 25% • Démangeaison du cuir chevelu 20% • Main sèche/irritée 21%

Il s’agit de quelques exemples ici parmi beaucoup d’autres donnés par le psychologue.

Vous pouvez retrouver les travaux de chacun sur les liens suivants:

http://www.boris-jollivet.com/

http://www.fcpn.org/campagne/nature-en-famille-infos/journees/table-ronde2-ubs

Regardez, sentez, marchez, contemplez, écoutez, caressez la nature, elle vous le rendra bien!

 

Naturopathie?

Naturopathie n.f. Ensemble de méthodes de soins faisant partie des médecines alternatives et visant à renforcer les défenses de l’organisme par des moyens considérés comme naturels (hygiène de vie, diététique, massages, phytothérapie, etc). (Larousse)

Naturopathe adj. et N. de nature, -o- de liaison,et pathe, désignant ici le thérapeute, et non le patient : le mot est mal formé. Qui préconise le traitement par des moyens naturels (cure d’air, de soleil, application de chaleur, massages, plantes) à l’exclusion de tout médicament de synthèse. (Larousse)

Voilà les définitions que l’on trouve dans le dictionnaire. Concrètement, on s’égare souvent du chemin de la nature pour s’engager sur celui de la raison et du cérébral, guidé par des peurs, des nécessités sociales ou professionnelles. Revenir aux fondamentaux, à nos besoins vitaux pour apprendre à s’écouter et se comprendre, tel est le but de la démarche naturopathique. Le naturopathe est aussi appelé « Educateur de santé ». C’est finalement celui ou celle qui va guider son consultant, non vers une direction pré-définie  mais vers ce chemin qui sera celui du ressenti, celui qui fera du bien! Et le rythme de marche est propre à chacun.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de lâcher-prise, de recentrage, d’équilibre des énergies et de retour dans le corps. Ce corps que l’on malmène parce qu’on ne sait plus l’écouter ni lui répondre. Pourquoi j’ai mal? J’ai des symptômes bizarres que je ne comprends pas mais que je veux surtout faire disparaitre. Et on choisit de bâillonner, de faire taire pour traiter le symptomatique, chose qui n’est pas négligeable et qui peut même être nécessaire dans certains cas, bien sûr. Ceci dit, tant que le fond du problème n’est pas réglé, il reviendra sous forme d’autres douleurs ou signes bizarres… Donc, de l’importance d’écouter son corps et ses signaux d’alarme pour lui répondre les yeux dans les yeux!

Le naturopathe fait alors le lien, comme un médiateur entre les différents niveaux de langages exprimés par le corps, la raison, le vécu, le ressenti. En gros, le but étant de faire la paix pour se sentir en harmonie tant à l’intérieur qu’à l’extérieur!

Le job du naturopathe: vous guider pour remettre la main sur cette clé qui permet d’ouvrir, de fermer, ou en tout cas, d’avancer. Retrouver la voie de sa propre nature.

A la vôtre!